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architecture et urbanisme

Le Musée Soulages

Soulages – Le peintre du noir et de la lumière

Née en 1919 à Rodez, Pierre Soulages est incontestablement l’une des figures majeures de l’abstraction depuis la seconde guerre mondiale. Son œuvre gravite essentiellement autour du pigment noir, lequel révèle ses variations multiples dans sa relation avec la lumière.

En 2005, il fait don à la Communauté d’agglomération du Grand Rodez d’une collection exceptionnelle de 500 pièces comprenant peintures sur toiles, bronzes et estampes auxquelles s’ajoutent travaux préparatoires, photos et archives. L’ensemble rend ainsi compte de la diversité du travail de l’artiste, notamment les étonnants brous de noix des années 1947-1949 ou encore le matériel préparatoire pour les vitraux de l’abbaye de Sainte-Foy-de-Conques classée au patrimoine mondial.

Un musée dans un jardin

L’idée première de Pierre Soulages est de mettre en évidence par ce musée d’un type inhabituel le processus de la création artistique. Il s’agit d’un discours de la méthode dans la mesure où seront déclinées les techniques de Soulages tout en affirmant la part heureuse du hasard, les certes de l’accident, la liberté gagnée sur les matériaux.

L’architecture du musée Soulages a été imaginée par le cabinet catalan RCR arquitectes, choisi par un jury parmi 98 candidats en 2008. Ramon Vilalta, Carme Pigem et Rafael Aranda ont saisi immédiatement l’importance du Foirail, un jardin public : « Le musée naît du parc, qu’il participe à restructurer, à ordonner, à révéler et à clarifier ». L’équipe RCR est reconnue pour l’intégration et le dialogue qu’établissent leurs bâtiments avec la nature et le paysage, une empathie. Le musée Soulages va s’étirer sur le flanc nord du plateau, un talus de 10 mètres de dénivelé et ménager des vues sur le paysage de moyenne montagne : « L’horizontalité de ce socle assoit la vue tandis que de puissants volumes monolithiques émergent et canalisent le regard en cadrant les vues ». Elles rappellent les traditionnels fenestras aveyronnais, modestes rues ménageant un passage visuel vers le paysage.

Les architectes ont conçu un bâtiment à la présence forte, mais respectueux de l’environnement : bas et allongé, surmonté de volumes parallélépipédiques bardés de plaques d’acier Corten. Au sud, la façade n’excède pas trois mètres, et s’ouvre sur le jardin par le hall d’accueil; au nord, les parallélépipèdes – appelons-les boîtes – et le bandeau de façade habillé de verre seront en décrochement, au-dessus de la rue. Le musée répond à un programme tenant compte de la fragilité des collections. Ordonné en volumes fonctionnels autour d’une lumière contrôlée, il ménagera des plages obscures et protégées pour les papiers (Brous de noix, gravures), tandis que les boîtes, élevées, abriteront les peintures et les cartons des vitraux de Conques, sous la lumière zénithale. Quatre niveaux pour ce musée, du plus bas au plus haut : les réserves ; les salles d’expositions permanentes, pour la donation Soulages et la salle d’expositions temporaires, communiquant sur un seul plateau ; le centre de documentation et l’atelier des enfants ; ouvert au sud, sous un auvent, un vaste accueil.

Le musée disposera d’un restaurant conçu dans le tout de son architecture, situé à l’est : imaginatif, il proposera une gastronomie simple et accessible. Il y aura aussi une salle de conférences de 80 places et un centre de documentation, sur Soulages et l’art de son temps. L’utilisation de l’acier promet d’obtenir à Rodez différentes nuances, différentes surfaces. À l’extérieur, un Corten rouge profond. Pierre Soulages en apprécie l’austérité : “un matériau qui ne détruira pas le rapport au paysage”. Il rappelle l’apparence d’un Brou de noix… À l’intérieur, on privilégiera l’intimité, le calme propice à la contemplation des oeuvres : de l’acier Corten et des murs clairs. La scénographie va faciliter la nécessaire rotation des oeuvres, notamment avec des minces vitrines pour les oeuvres sur papier, de la modularité. Les techniques des oeuvres de Soulages seront expliquées, mises en valeur par le jeu de films, de photographies, de documents, de livres et d’outils interactifs.

La livraison du musée est prévue pour le premier trimestre 2013.

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Cette entrée a été publiée le 5 mai 2012 par .

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